Ragondin : tout comprendre sur ce gros rongeur des berges

Quand on se promène au bord d’un canal, d’un marais ou d’un étang avec son chien ou ses chevaux, on tombe souvent sur une grosse boule de poils bruns qui file à l’eau à la moindre alerte : le ragondin, aussi appelé rat gondin.
Originaire d’Amérique du Sud, ce rongeur semi-aquatique s’est installé partout ou presque en France et fait désormais partie du paysage… tout en posant de réels problèmes aux berges et aux cultures.

Ce guide fait le tour des questions que tout le monde se pose : comment reconnaître un ragondin, que mange un ragondin au quotidien, comment vivent les bébés ragondins, en quoi cette espèce est envahissante et quels réflexes adopter pour limiter les dégâts sans prendre de risques.

Reconnaître un ragondin : bien distinguer ce gros rongeur amphibie

Le ragondin (Myocastor coypus) est un grand rongeur semi-aquatique pouvant dépasser 1 mètre de long, queue comprise, pour un poids de 5 à 9 kg. Sa silhouette est massive, avec une grosse tête, de petites oreilles rondes et une fourrure brune assez épaisse, adaptée à la vie dans l’eau.

Quelques détails permettent de l’identifier sans se tromper :

  • Les dents : quatre grandes incisives rouge-orangé, bien visibles quand l’animal grignote.
  • La queue : longue, cylindrique, peu poilue, qui sert un peu de gouvernail quand il nage.
  • Le museau et le menton : souvent plus clairs, parfois presque blancs, avec de longues vibrisses blanches.
  • Les pattes arrière : partiellement palmées, très pratiques pour la nage.

Vu de loin, beaucoup de gens parlent de ratgondin, rat gondin ou même ragondain ou tagondin à cause de cette allure de “rat géant des marais”. Pourtant, le ragondin n’est ni un rat musqué ni un castor, et la forme de la queue est le meilleur indice pour le différencier.


D’où vient le ragondin et comment s’est-il installé en France ?

Le ragondin n’est pas un animal “de chez nous”. Il vient des régions tempérées d’Amérique du Sud. Il a été introduit en Europe, en Amérique du Nord, en Asie et en Afrique à partir du XIXᵉ siècle pour l’élevage de sa fourrure bon marché.

En France, des fermes d’élevage ont longtemps produit des peaux de nutria (un autre nom du ragondin). Quand ces élevages ont fermé, de nombreux animaux se sont échappés ou ont été relâchés dans la nature, colonisant petit à petit les marais, rivières et canaux. Aujourd’hui, on trouve des ragondins dans la quasi-totalité des départements métropolitains, hors Corse, avec de fortes populations dans les grands marais, les vallées fluviales et les zones de bocage humide.

Du fait des dégâts qu’il provoque et de sa grande capacité de reproduction, le ragondin est classé espèce exotique envahissante préoccupante pour l’Union européenne depuis 2016. Cela signifie que son importation, son élevage et son transport sont strictement encadrés ou interdits au niveau européen.


Où vivent les ragondins ? Terriers, huttes et marais

Le ragondin est un mammifère semi-aquatique : il a besoin d’eau et de végétation. On le rencontre surtout :

  • dans les rivières lentes, canaux et fossés en eau ;
  • dans les marais, lagunes, étangs et plans d’eau eutrophes très végétalisés ;
  • le long des berges d’étangs de pêche, retenues collinaires ou petits lacs de loisirs.

Il creuse de longs terriers (6 à 10 m) dans les berges, souvent avec une entrée sous l’eau et d’autres sorties plus haut, ce qui fragilise les talus. Quand le sol ne se prête pas au creusement, il construit parfois des huttes de végétaux (roseaux, branches, herbes).

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Côté rythme de vie :

  • Le ragondin est surtout crépusculaire et nocturne mais peut sortir en plein jour dans les zones calmes.
  • Il vit en groupes familiaux assez sociables ; on voit souvent plusieurs individus ensemble, parfois avec des bébés ragondins qui suivent la mère.
  • Il supporte mal le froid intense : des hivers rigoureux peuvent décimer les populations, notamment par gel de la queue.

Dans un paysage de campagne ou d’écurie, cela veut dire qu’on peut très bien partager les mêmes berges avec les ragondins que l’on soit à pied, à cheval ou en VTT… à condition de surveiller les zones de terriers qui peuvent s’effondrer sous le poids.


Que mange un ragondin ? Régime alimentaire et dégâts possibles

La nourriture du ragondin est majoritairement végétale : c’est un gros herbivore opportuniste.

Dans la nature, les ragondins consomment surtout :

  • des graminées et herbes de berge ;
  • des plantes aquatiques : carex, roseaux, potamots, rubaniers, sagittaires ;
  • des fruits aquatiques comme les nénuphars ;
  • en hiver, des tubercules et rhizomes (racines) qu’ils déterrent.

Ils s’adaptent rapidement à ce qu’ils trouvent, et peuvent aussi s’attaquer à des cultures proches de l’eau : maïs, blé, betteraves, jeunes pousses de légumes, arbres de peupleraie dont ils rongent l’écorce.

Même si l’on parle parfois de “ragondin carnivore”, la réalité est simple :

  • le ragondin est presque exclusivement végétarien ;
  • il lui arrive de consommer des mollusques d’eau douce ou des écrevisses, mais cela reste marginal.

Pour répondre clairement aux recherches du type que mange un ragondin ou nourriture ragondin :

  • il ne chasse pas les poissons ;
  • il ne mange pas les canards adultes ;
  • il se comporte surtout comme un “tondeuse-broyeuse” à plantes aquatiques et jeunes pousses.

C’est justement cette voracité sur la végétation qui pose problème : surpâturage des berges, destruction des ceintures de roseaux, disparition des refuges pour de nombreux oiseaux d’eau.


Reproduction : de la ragondine aux bébés ragondins

La femelle du ragondin porte un nom spécifique : on parle de ragondine. En pratique, on croise aussi simplement “femelle ragondin” dans le langage courant ; les deux usages coexistent.

Quelques repères sur la reproduction :

  • Les ragondins atteignent leur maturité sexuelle vers 6 mois.
  • La ragondine peut avoir 2 à 3 portées par an, généralement de 5 à 7 petits (parfois davantage).
  • La gestation dure environ 127 à 138 jours.
  • Les bébés ragondins naissent déjà bien développés : poils, yeux ouverts, capables de nager rapidement.

Détail étonnant : chez la ragondine, les mamelles sont situées sur les flancs et non sous le ventre. Cela lui permet d’allaiter en nageant, les petits accrochés à ses côtés, ce que l’on peut parfois observer depuis la berge.

Cette reproduction très efficace explique la rapidité avec laquelle une population locale peut exploser : quelques individus au départ, puis des dizaines de ragondins occupent bientôt chaque mare et chaque fossé.


Ragondin, espèce envahissante : impacts sur les milieux et sur l’humain

Le ragondin est souvent perçu comme “mignon” quand on le voit mendier du pain dans un parc. Pourtant, à l’échelle d’un territoire, ses impacts sont loin d’être anodins.

Effets sur les milieux naturels et agricoles

Les principaux problèmes posés par les ragondins sont :

  • Érosion des berges : le creusement des terriers déstabilise les talus de canaux, digues et fossés. Des portions de berges peuvent s’effondrer, ce qui complique l’entretien et représente un risque pour les animaux (chevaux, bovins) ou les humains.
  • Comblement progressif des fossés : la terre extraite des terriers est rejetée dans l’eau, ce qui accélère l’envasement.
  • Dégâts aux cultures : céréales, maraîchage, jeunes arbres, pâturages humides… Dès qu’une culture est proche de l’eau, les ragondins peuvent y faire de sérieux ravages.
  • Pression sur la végétation aquatique : surconsommation des plantes, perte de zones de refuge pour les invertébrés, amphibiens et oiseaux d’eau.
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Risques sanitaires potentiels

Comme beaucoup de rongeurs, les ragondins peuvent héberger des parasites et bactéries transmissibles à l’homme ou aux chiens, notamment la leptospirose, via les eaux contaminées par l’urine.

Cela ne veut pas dire que chaque rencontre avec un ragondin est dangereuse, mais quelques règles de bon sens s’imposent :

  • éviter de manipuler un ragondin mort à mains nues ;
  • se laver soigneusement après un contact avec de l’eau stagnante fréquentée par les ragondins ;
  • surveiller chiens et chevaux qui boivent dans les fossés ou marais, et échanger avec le vétérinaire sur les risques dans votre région.

Cohabiter avec les ragondins : observation, précautions et gestion

À l’échelle d’une balade ou d’une sortie à cheval, le ragondin n’est généralement pas agressif : il cherchera presque toujours à fuir vers l’eau. Les morsures sont rares et surviennent surtout si l’animal est acculé ou manipulé.

Pour limiter les problèmes au quotidien :

  • Ne pas nourrir les ragondins dans les parcs, plans d’eau de pêche ou étangs privés : cela augmente la densité d’animaux et les habituent à l’homme.
  • Repérer les terriers le long des chemins de halage ou des berges où passent les chevaux pour éviter les effondrements sous les sabots.
  • Entretenir les berges : faucher, consolider certains talus, limiter les zones de friche dense qui servent de couvert permanent.
  • En cas de forte population et de dégâts importants sur les cultures ou les berges, la régulation (piégeage, chasse) relève de piégeurs agréés ou de plans de lutte encadrés par les collectivités. Les méthodes autorisées sont réglementées au niveau national et européen ; l’usage de poisons anticoagulants, très néfastes pour la faune non ciblée, est par exemple interdit.

La meilleure attitude pour un promeneur, un cavalier ou un pêcheur reste donc : observer, respecter la distance et signaler les problèmes de sécurité (berges effondrées, pullulation) à la commune ou à la structure gestionnaire du site.


Ragondin, rat musqué, castor : les différences à connaître

Les confusions sont fréquentes entre plusieurs rongeurs aquatiques. Pour bien distinguer les espèces :

Ragondin (rat gondin)

  • Taille : jusqu’à 1 m avec la queue, 5 à 9 kg.
  • Queue : longue, ronde, peu velue.
  • Dents : grandes incisives orange.
  • Pelage : brun, parfois plus gris ou roux ; museau et menton clairs.

Rat musqué

  • Plus petit : environ 1,5 à 4 kg.
  • Queue : aplatie verticalement, comprimée sur les côtés.
  • Dents moins visibles, museau plus pointu.

Castor

  • Bien plus massif, jusqu’à 30 kg.
  • Queue : large et plate, en forme de pagaie.
  • Nage plus “coulée” : seul le haut de la tête dépasse alors que chez le ragondin, le dos est aussi visible.

Pour répondre à la question “les ragondins, qu’est-ce que c’est au juste ?” : ce sont des rongeurs semi-aquatiques d’origine sud-américaine, naturalisés en France, reconnaissables à leurs dents orange et leur longue queue ronde, à ne pas confondre avec le castor, qui est une espèce protégée.

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FAQ

Le ragondin est-il dangereux pour l’homme ?

Le ragondin n’est pas agressif par nature et fuit généralement à l’eau dès qu’il se sent menacé. Les morsures restent rares et surviennent surtout si l’animal est coincé ou manipulé. En revanche, comme d’autres rongeurs, il peut être porteur de bactéries responsables de maladies comme la leptospirose, transmises via l’eau souillée par l’urine. Mieux vaut donc éviter de le toucher, se laver les mains après un contact avec de l’eau stagnante fréquentée par les ragondins et consulter un professionnel de santé en cas de symptômes après une exposition à de l’eau potentiellement contaminée.

Comment s’appelle la femelle du ragondin ?

La femelle du ragondin se nomme ragondine. Ce terme figure parmi les dénominations vernaculaires reconnues en français. Dans le langage courant, on parle aussi simplement de “femelle ragondin”, mais “ragondine” reste tout à fait correct.

Que mangent exactement les ragondins ?

Les ragondins sont quasi exclusivement herbivores. Ils consomment des herbes de berges, de nombreuses plantes aquatiques (carex, roseaux, potamots, nénuphars…), ainsi que des tubercules et rhizomes en hiver. Ils peuvent aussi grignoter des cultures proches de l’eau (maïs, blé, maraîchage) et, plus rarement, des mollusques d’eau douce ou des écrevisses. Ils ne chassent pas activement les poissons.

Où trouve-t-on des ragondins en France ?

L’espèce est aujourd’hui très largement répandue sur le territoire métropolitain continental. On rencontre des ragondins dans la majorité des départements, notamment dans les marais, les vallées fluviales, les canaux, fossés et étangs. Ils sont absents ou très rares en Corse mais bien installés dans la plupart des régions de plaine et de bocage humide.

Les ragondins hibernent-ils ?

Non, les ragondins n’hibernent pas. Ils restent actifs toute l’année, même en hiver, tant que l’eau n’est pas totalement prise par la glace. En revanche, le froid intense limite fortement leur survie : lors d’hivers très rigoureux, on observe des mortalités importantes, notamment par gel de la queue, qui peut ensuite se gangréner.

Comment gérer une invasion de ragondins dans un étang ou un marais privé ?

Si la présence de ragondins cause des dégâts importants (berges qui s’effondrent, cultures détruites, risque pour les chevaux ou le bétail), il ne faut pas agir seul. La régulation est encadrée : piégeage et tir relèvent de piégeurs agréés ou de plans de lutte mis en place par les communes, fédérations de chasse ou syndicats de rivière. La première étape consiste à contacter la mairie, la fédération de chasse locale ou le gestionnaire du plan d’eau pour connaître les dispositifs existants. L’utilisation d’appâts empoisonnés à base d’anticoagulants est interdite à cause des risques pour la faune non ciblée et l’environnement.

Le ragondin est-il protégé ou classé nuisible ?

Le ragondin est classé espèce exotique envahissante préoccupante pour l’Union européenne et figure en France parmi les espèces susceptibles d’être classées nuisibles. Il ne bénéficie donc pas du statut de protection accordé à des espèces comme le castor. Au contraire, différents plans de lutte encadrent sa régulation dans de nombreuses régions, avec des règles précises sur les périodes, les méthodes et les personnes autorisées à intervenir.

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